Une toute nouvelle manière de nourrir poules et lapins

Nous avons pensé… imaginé et décidé de partager cette vision que je mettrai en tests pratiques sous peu…

Alimentation alternative pour poules et lapins

Dans un contexte d’autosuffisance et de prévision pour des jours plus difficiles, voir peut-être même de survie, nous sommes en train de faire des recherches pour modifier le type d’alimentation offerte à nos poules et à nos lapins.  J’estime que la transition complète devrait se faire sur 3 ou 4 générations.  Il me faut donc commencer le plus tôt possible.

Après avoir éplucher pas mal d’informations pertinentes, dont les collection Agrodok qui ont été écrit pour aider les pays en voie de développement, je suis aller chercher les bases de besoins nutritionnels des poules.  Je cherchais originalement une nourriture alternative à la moulée et aux céréales.

Je suis ensuite allé chercher les bases d’alimentation du lièvre suivant les saisons.  Car de chercher comment nourrir la version sauvage du lapin en Amérique est beaucoup plus simple que de trouver comment nourrir la version sauvage de la poule d’Amérique! Hahahahaha!

Alors, les idées ont fait du chemin dans ma tête.  Je me suis dit que logiquement, je ne pourrais pas faire cela du jour au lendemain.  La fragilité digestive, surtout pour le lapin, pose un problème.  Il me faudrait donc y aller progressivement en intensifiant la chose sur quelques générations, voir 3 ou 4, pour que les enzymes digestives pour le nouveau régime se développe et que les habitudes alimentaires se transmettent. 

Il faut aussi que je dise que les lapins sont élevés en garenne, ce qui permettra plus facilement aux parents de transmettre leurs habitudes de vie et alimentaires aux plus jeunes en plus d’avoir reçu du lait d’une mère nourrie de cette manière alternative.

Je vous dévoile donc ce que j’ai découvert et déduis.

POULES

La poule n’est pas végétarienne, elle n’est pas granivore non plus. 

Elle a besoin :

  • Eau
  • Amidon des céréales ou de tubercules et la matière grasse des graines
  • Protéines végétales comme les légumineuses
  • Protéines animales comme le poisson, les insectes, carcasses
  • Minéraux comme de la cendre d’os, coquillages, calcaire, gravier
  • Vitamines dans les fruits, légumes verts, herbes fraiches
  • En supplément : les germinations et fermentation

De cela, j’en déduis que la moulée est quelque chose de typique en Amérique du nord.  Ailleurs, les poules vivent, grandissent, pondent et se reproduisent sans COOP ni meunerie.

L’autre déduction très facile à faire est que ce qui se cultive pour l’alimentation de la poule sert aussi à l’alimentation de l’humain, du cochon, des oies, des vaches, des chèvres et des lapins.

Alors, en choisissant une variété compatible et complète pour l’alimentation de la poule, je peux également orienter les variétés cultivées au jardin pour notre propre consommation, tout en sachant parfaitement que je pourrai compléter le tout avec des plantes sauvages bien choisies dans l’environnement dans lequel je vie.

Voici donc mes choix :

AMIDONS ET CÉRÉALES :

  • Avoine, qui sera la seule céréale cultivée car c’est la plus polyvalente, je m’en sers également en herboristerie.  C’est une plante très reminéralisante et est utilisée pour aider aux convalescences. Cette avoine sera germée pour les poules, ce qui augmente énormément sa valeur nutritive et son volume également.  L’avoine se fait germer très facilement à l’intérieur sur des plateaux avec uniquement de l’eau, sans terre.
  • Topinambour, il est envahissant, vivace, très simple de culture.  Conservation médiocre par contre, il ne sera pas disponible une bonne partie de l’hiver et du printemps.
  • Tournesol, il est une plante très rentable si on regarde le rendement au pied carré.  Des tournesols géants donnent une très grande quantité de graines très riches en protéines et en graisse végétale.  Cette graine est facile à conserver tout l’hiver.

PROTÉINE VÉGÉTALE :

  • Variété ancestrale de légumineuses cultivées au Québec.  Les variétés ancestrales sont les plus résistantes aux maladies et à notre climat.  Il faut se les réapprivoiser.  Elles poussent facilement, fixent l’azote au sol, se consomment cuites ou séchées et se conservent extrêmement facilement et on replante les surplus le printemps suivant.  Les légumineuses doivent être cuites ou germées avant d’être servies car elles contiennent une certaine toxine à l’état crue. Très protéinées.
  • Feuilles de consoude

PROTÉINES ANIMALES :

  • Élevage de vers à farine pour l’hiver.  Pour l’hiver uniquement car en été, les poules sont libres dehors et trouvent elles même leur source de protéine animale.  Les vers à farine sont également une source de nourriture pour l’humain, une protéine non grasse qui demande un petit minimum d’entretien.  Très simple à faire.
  • Les carcasses.  Quand on abat une poule, il y a possibilité de la découper en poitrines et en cuisse et de donner la carcasse aux poules.  Elles en seront ravies.  Même chose avec n’importe quelle carcasse animale. 
  • Carcasse en putréfaction.  Osé, mais tellement dans l’ordre naturelle des choses.  Mettre des carcasses ou de la viande dans une chaudière perforée que l’on suspens au-dessus de l’enclos des poules.  Les vers se formeront sur la carcasse en putréfaction et tomberont dans l’Enclos des poules qui en feront un festin.

MINÉRAUX :

  • Le gravier en hiver, car en été, elles gratteront elles-mêmes le sol et se débrouillerons avec ce besoin.
  • Coquilles d’œufs en tout temps.  Redonner les coquilles aux poules pour le petit boost de calcaire qu’ils ont besoin est la solution la plus économique.  Ne croyez pas qu’en faisant cela, les poules commenceront à manger leurs œufs.  Les poules n’ont pas le réflexe de manger leur propre progéniture.  Quand elles le font c’Est qu’il y a une carence en minéraux dans leur alimentation, une défaillance au niveau de l’Assimilation qui crée un manque chez l’animal ou un mauvais instinct territorial qui pousse une poule à détruire la progéniture d’une autre poule (ce dernier problème se règle généralement et changeant l’environnement de la poule, qui sera dépaysée et ne sera plus la dominante de son milieu)

VITAMINES :

  • Tous les fruits et les légumes gâtés du jardin
  • Restes de table
  • Cueillette sauvage, petits fruits, fruits du verger… et l’Avoine germée entre dans cette catégorie également.

SUPPLÉMENTS :

  • Grains fermentés (réjuvélac, voir mon article volailles et alimentation libre)
  • Cueillette sauvage de bourgeons, feuilles des feuillus, pommes de pin, trèfle, pissenlit, etc…
  • Fines herbes comme la menthe, thym, origan, ciboulette pour éviter les infections virales, bactériennes et parasitaires

Il ne faut pas non plus que cela devienne quelque chose de trop exigeant, donc la transformation doit restée minimale.  Le contrôle et le dosage également.  La poule ne devrait pas avoir besoin de tout cela tous les jours sans fautes.  Surtout durant la belle saison car elles devront également apprendre à s’alimenter seules en fouillant le sol.  C’est le but de la chose également de les rendre plus autonomes de génération en génération. 

Je m’attends à observer une chute de la ponte qui devrait progressivement remonter en quelques mois.  Même chose que lorsqu’on transfert à l’alimentation libre.  La poule va finir par reconnaitre ses besoins nutritionnels et s’orienter d’elle-même vers la nourriture qui lui convient.  Les résultats, selon moi, devraient être optimaux après quelques générations, quand elles se seront adaptées, comme les plantes s’adaptent de génération en génération à leur milieu et climat en créant leur propre résistance.   À titre d’exemple, si vous planter des graines de tomates ui ont été cultivées en Californie dans votre potager en zone 3, elles auront de la misère.  Ce sera quelques générations plus tard, en récoltant les semences des fruits qui auront su le mieux survécus que vous finirez par obtenir des résultats plus simples à cultiver dans votre environnement.  Je me trompe peut-être, mais mon raisonnement me semble logique.  Si je vois à ce que l’animal ne manque de rien et que je l’observe bien chaque jour, je saurez m’ajuster.  Si j’observe une dégradation de l’État générale de l’animal, ce sera très simple de leur offrir d’autres variétés d’aliments.  Si elles se vautrent dans ce que je leur offrirai d’autre et que leur état s’Améliore, la déduction sera très simple à faire.

Les signes de malnutrition habituels sont les suivants :

  • Changement et dégradation de la coquille de l’œuf (carence en minéraux)
  • Chute de la ponte (vitamines en générale et manque de protéines)
  • Abattement générale
  • Sensibilité accrue aux maladie courante et difficulté pour les traiter avec succès
  • Carnage, quand une blessure apparait sur un sujet et que le reste du cheptel vient se nourrir à même l’animal blessé de sa chair (carence en protéines)
  • Les sujets qui mangent les plumes sur le dos des autres poules (carence en minéraux)
  • Maigreur
  • Agressivité qui n’était pas présente avant, territorialité à la mangeoire

Les plantes sauvages 

Vous trouverez une très grande variété de plantes sauvages comestibles autour de vous.  La vesce jargeau, fraisiers, épilobe, feuilles de peuplier, samares et autres bourgeons, érable à épis, petits fruits, pommes de pin, aulne rugueux, pissenlit, trèfle, plantain, marguerite, lupins…. 

Elles devront certainement y gouter avant de s’y habituer.  Elles n’iront pas naturellement vers cette alimentation, tout comme vous.  C’est également très bon pour vous, mais vous préférez ouvrir le frigo… C’Est pour cela que je dis que cela ne sera pas possible en une seule génération.  Le très, très grand apport nutritionnel des plantes sauvage est quelque chose de difficile à assimiler pour un humain qui n’est pas habituer d’en consommer.  Par contre, il faudra aussi que la facilité ne soit pas trop disponible si on veut qu’elles y goûtent.  J’insinue par là qu’elles devront être privé de la nourriture à laquelle elles sont habituer pour qu’elles n’aient pas le choix d’Aller s’y tremper le bec.  Sans non plus affamer l’Animal car leur bien être doit passer avant le vôtre selon moi. 

Voilà ce qui complète mes intention et recherches côté poules. 

LAPINS :

Alors là c’Est plus simple, mais plus délicat car le lapin est plus fragile à son alimentation que la poule.  Il faudra l’habituer très graduellement.  Je souhaite éliminer le foin et la moulée complètement.   IL arrive parfois que des lapins se retrouvent en liberté.  Je crois que ça a été un réel problème dans le coin de Drummondville si je ne me trompe pas de place.  Les lapins semblent s’être parfaitement adaptés à leur vie sauvage, se sont débrouillés et ont procréés en masse!  De quoi se nourrissent-ils quand ils sont laissés à eux-mêmes?  Je me suis alors tourné vers l’alimentation du lièvre sauvage d’Amérique du nord.

Ce type d’alimentation sera très variable suivant les saisons.  L’idée reste l’Autosuffisance et la survie.  J’ai donc classifié le tout en deux saisons (été et hiver).

ÉTÉ :

Vesce jargeau

Fraises er fraisiers

Épilobe

Lupins

Campanules

Trèfles

Pissenlits

Graminés

Peuplier

Saule (avec modération)

Aster

Impatients

Certaines fougères

HIVER :

Bourgeons et ramilles

Bouleau (avec modération)

Thuya (cedre, avec modération)

Viorne

Érable à épis

Épinette

Sapin

Framboisiers

Noisetiers

Cornouiller

Aubépine

Mélèzes

Pins

Pour le reste de l’Alimentation, tant que cela sera possible, il y a les produits du potager.  Topinambour, courges, légumes feuilles, avoine germée, grains fermentés, tournesols.

L’apport en protéine du lapin ne doit pas être trop grande.  Le trèfle étant une légumineuse, faites attention.  Je crois qu’en offrant une bonne variété aux lapins, ils sauront, tout comme les poules, déterminer leurs besoins alimentaires.  Il faudra les observer longuement.  Au début, ils mangeront ce qu’ils aiment.  Dans les semaines qui suivront, ils s’orienteront vers leurs besoins qu’ils seront de plus en plus en mesure d’identifier eux-mêmes par rapport à ce qui leur est offert.  Les mêmes signes de carences seront à observer avec les lapins qu’avec les poules et vous devrez déjà avoir penser à y faire face avant d’Entreprendre le tout pour ne jamais mettre en danger l’animal.

À noter que les animaux végétariens ont parfois des carences en protéines et il a été observer que parfois les lièvres vont se nourrir de carcasses animales.

La vie en garenne est à privilégier également, car tout comme les poules, les comportements se transmettent et ce, de génération en génération.  

Leurs donner de temps à autres des herbes fines que vous cultivez vous-même comme de la menthe, origan ou du thym contribuera grandement à garder les infections virales, bactériennes et parasitaires à distance.  Il ne faudra pas leur en donner tous les jours, mais de temps à autre.

En conclusion…

Tout ce ci n’est encore que théorique.  Je vous le partage dès maintenant pour pouvoir mettre toutes les chances de NOTRE côté.  Pour tout ceux et celles intéressés (es) à participer à l’expérience, je vous invite à me laisser vos impressions, conseils, observations et résultats de vos propres recherches.  Ensemble ce sera beaucoup plus simple qu’avec un seul élevage.  Ici, nous sommes maintenant une petite équipe qui déplace les montagnes une par une avec une tonne d’amour.  Nous ne sommes pas visionnaires, ni parfaits, mais nous sommes des gens ordinaires remplis de volonté de faire les choses autrement et qui ne veulent plus dépendre de ce système qui nous a volé notre autonomie.  Les animaux constituent notre plus grand défi car nous ne sommes pas habitués de les nourrir autrement qu’en achetant de la moulée, des suppléments, de médicament.  Nous sommes toujours régis par cette obligation morale de ne jamais mettre ne jeu leur santé ou leur vie.  C’Est donc quelque chose de délicat d’entreprendre une telle expérience.  Mais sachez que les animaux savent déjà beaucoup mieux survivre que nous s’ils sont confrontés à un état sauvage.  Notre devoir est de les observer et de voir à ce qu’ils ne manquent de rien.

Je nous souhaite bonne chance et beaucoup d’enrichissement au travers de cette expérience.

Références importantes :

Marie-Eve Martineau

Simple Nature

Un commentaire sur “Une toute nouvelle manière de nourrir poules et lapins

  1. Bonjour et bravo pour cet article,
    Je souhaite insister sur une plante géniale pour les poules : la consoude.
    Elle contient énormément de protéines (plus que les légumineuses). Elle est aussi riche en vitamines et oligo-éléments.
    Pour les poules elle présente un avantage complémentaire peu connu : Elle est très riche en xanthophylle et vos jaunes d’œufs seront plus colorés. Ce n’est pas neutre : cela veut dire que le jaune d’œuf sera plus riche en lutéine, une xanthophylle indispensable pour la macula et que le corps humain ne synthétise pas. Vous aurez ainsi moins de risque de développer la DMLA (dégénérescence maculaire liée à l’âge).
    Un seul problème, la consoude plante est peu appétente pour les poules. Les poils de la feuille sont irritants. Ce problème disparait en 2 à 3 mn si vous coupez les feuilles. Les poules sont très friandes de feuilles de consoude coupées.
    Maxime

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